img_0645.jpg Une recherche ethnologique est un va et vient, entre le temps de la théorie et le temps des acteurs que nous accompagnons. Un parcours en « zig zag » où je tente de faire le récit d'une polyphonie saisie au quotidien, un bricolage à partir des actions et des paroles, et une bande-son.

Au cœur de cette micro-histoire, le code et la matière sonore sont les objets intermédiaires d'une multitude de liens sociaux, paroles et mouvements autour d'une pépinière dont on prend soin. Le code n'est pas seulement une suite d'instructions formelles, il est discours. Une prise de parole juridique, esthétique, politique où des individus élaborent, de manière disséminée, des pièges à pensée, lieux et temps de l'action et de la réflexion, capable nous faire communiquer et de nous émouvoir.

Celui d'Olivier Heinry est constitué de matières sonores, celles de cette symphonie qu'il dissèque, détourne le chemin, arrange un nouveau parcours, encore une histoire de « zig-zag » faite de ruptures et d'embranchements, un braconnage subjectif. Le modelage des sons se joue des différents niveaux. De la mélodie au microscopique, les sons se transforment en vagues sonores, contemporains des quarks et des gènes, oscillation du grain au nuage.

Entre répétition et changement, la performance est aussi un événement. Pour ceux qui la vivent, l'organisent et la préparent, elle constitue un passage entre le passé et l'à-venir, entre une mémoire personnelle et une mémoire collective, ouvrant le champ des possibles. Là où « l'usage des choses, comme celui de l'espace ou du son est l'un des signes les plus forts des capacités humaines à susciter une émotion du temps. Celle-ci jaillit de la tension singulière que l'objet, le site ou le chant établissent entre ce qui n'était pas encore eux avant qu'ils adviennent et ce que nous allons devenir en leur compagnie » - Alban Bensa.